Méthodologie
Ce que chaque chiffre de ce site mesure, ce qu'il rate, et ce qu'il ne permet pas de dire.
Deux sources qui ne mesurent pas la même chose
Points chauds satellite
NASA FIRMS, capteurs VIIRS a 375 m. Un pixel chaud détecté lors d'un passage satellite : position, horodatage, puissance radiative.
Precis au pixel, disponible en quelques heures. Rate les feux de moins d'un hectare environ, et voit des sources de chaleur qui ne sont pas des incendies.
Incendies déclarés
BDIFF, base officielle du ministère de l'Agriculture. Un incendie constaté au sol : date d'alerte, commune, surface parcourue, cause supposée.
Exhaustif, y compris sur les très petits feux. Localise a la commune seulement, et publié avec environ un an de retard.
Ces deux comptages ne s'additionnent jamais. Un incendie déclaré peut correspondre a quarante points chauds, ou a aucun. Sur ce site, ils restent dans deux colonnes distinctes, avec deux couleurs distinctes.
Pourquoi les comparaisons entre années n'utilisent qu'un satellite
La constellation VIIRS a grossi pendant la période couverte :
| Satellite | Données depuis |
|---|---|
| Suomi NPP | janvier 2012 |
| NOAA-20 | 2018 |
| NOAA-21 | 2024 |
Trois satellites survolent la France plus souvent qu'un seul. A activite de feu identique, 2026 compte donc mecaniquement plus de détections que 2012. Publier une courbe brute sur la constellation entiere reviendrait a fabriquer une tendance qui n'existe pas.
Toute comparaison entre années de ce site est calculee sur Suomi NPP seul, la seule serie continue de 2012 à aujourd'hui. La carte de l'année en cours, elle, utilise les trois satellites : on y cherche la meilleure couverture possible, pas une comparaison.
Les sources de chaleur permanentes
Les torchères, hauts fourneaux, incinérateurs et cimenteries brulent toute l'année et apparaissent dans les données satellite comme n'importe quel feu. Sans traitement, la carte de récurrence est saturee par Fos-sur-Mer, Gonfreville-l'Orcher et Dunkerque, et le signal forestier disparait.
Une cellule active plus de six mois distincts et plus de trois années est signalee automatiquement, puis verifiee a la main avant d'etre exclue. Une détection automatique seule ne fait jamais disparaître de la donnee. Un bouton de la carte permet de les reafficher.
L'année en cours est provisoire
La NASA publie d'abord une version temps réel, puis une version corrigée plusieurs mois plus tard. La corrigée retire une partie des détections, notamment des fausses alertes. L'année en cours mélange donc les deux : ses premiers mois sont corrigés, les plus récents ne le sont pas encore.
Conséquence : la comparaison de l'année en cours avec les années passées la favorise légèrement. C'est écrit sur la page d'accueil à côté du chiffre, et la resynchronisation mensuelle corrige l'écart au fil de l'eau.
Les approximations qu'on assume
- Le filtre par département sur les couches agregees affecte chaque cellule au département le plus represente dans ses détections. En bordure, l'imprecision atteint une demi-cellule. Les compteurs des fiches département, eux, sont calcules point par point, donc exacts.
- La récurrence porte sur les 14 années complètes de 2012 a 2025. L'année en cours est exclue tant qu'elle n'est pas terminee.
- La période de saison affichée est celle qui concentre 80 % des points chauds de l'année, du 10e au 90e centile. Une première version comptait les jours dépassant un seuil de détections : elle donnait des saisons allant du 1er janvier au 31 décembre, parce que le satellite voit aussi les brûlages agricoles toute l'année. Le centile ne dépend d'aucun seuil arbitraire et se compare d'une année à l'autre.
- Les données satellite des cinq derniers mois sont provisoires. Elles sont remplacees par la version corrigee au fil des resynchronisations mensuelles.
Ce que ce site ne dit pas
14 années, c'est court : les climatologues travaillent sur des normales de trente ans. Ces données montrent une période récente, elles ne constituent pas à elles seules une démonstration climatique.
Le nombre de points chauds dépend aussi de la couverture nuageuse, de l'heure de passage du satellite et de la taille des feux. Une année peut paraître calme parce qu'elle était nuageuse aux bons moments.
Enfin, aucun incendie particulier ne s'explique par le changement climatique. Ce qu'on peut lire ici, ce sont des conditions et des tendances : une saison qui commence plus tôt, des zones qui brûlent plus souvent qu'avant.