Ce que les feux représentent
Un point chaud sur une carte ne dit pas grand-chose. Ce qui parle, c'est la surface partie en fumée, le carbone relâché, l'air qu'on respire et la facture. Voici ces quatre chiffres, et exactement comment ils sont obtenus.
Trois niveaux de confiance, jamais mélangés
Les hectares sont mesurés : EFFIS cartographie les périmètres réels. Le CO₂ et les particules sont modélisés par Copernicus. Le coût est estimé par nous, et c'est le seul chiffre dont nous portons seuls la responsabilité. Chaque encart de ce site porte la mention correspondante.
Année 2026
Ce que ça représente
année 2026D'où vient chaque chiffre
Hectares brûlés — mesuré
EFFIS (Copernicus) cartographie les périmètres réels des feux à partir des images satellite. Ce n'est pas un calcul mais un relevé. Limite : seuls les feux de plus de 30 hectares sont cartographiés, donc le total est un plancher. La mesure officielle française exhaustive est BDIFF, publiée avec un an de retard.
CO₂ et particules fines — modélisé
Copernicus dérive ces quantités de la puissance dégagée par les feux, mesurée par satellite, via sa chaîne GFAS. Ce sont des ordres de grandeur produits et validés par le service européen, pas par nous.
Euros — estimé, par une règle de trois
Personne ne publie la facture d'une saison en cours. Une seule année a la sienne : 2022, et environ 72 000 hectares brûlés. On en tire deux ratios, qu'on applique aux hectares mesurés de l'année en cours.
- Dégâts assurés : 6 250 € par hectare
- Plus de 450 millions d'euros d'indemnisations en 2022. Ne compte que ce qui était assuré, et la forêt ne l'est presque jamais.
- Lutte aérienne : 458 € par hectare
- 33 millions d'euros de dépenses supplémentaires en 2022, dues aux heures de vol et aux largages.
C'est bien le surcoût de la saison, pas le budget des moyens aériens, qui tourne autour de 180 millions par an. La distinction commande la méthode : un budget se paie que ça brûle ou non, donc le ramener à l'hectare donnerait un coût unitaire qui baisse les mauvaises années. Le surcoût, lui, suit la saison.
Restent dehors : l'intervention au sol des SDIS, dont aucune ventilation par type de feu n'est publiée, la forêt non assurée et tout ce qui ne s'indemnise pas. Le total est donc un plancher, comme les hectares. On l'arrondit à deux chiffres : une règle de trois n'a pas la précision de l'euro.
Sources : France Assureurs, bilan des événements naturels 2022 ; Sénat, rapport sur la flotte de bombardiers d'eau de la sécurité civile (r22-838) ; surfaces brûlées du service statistique du ministère de la transition écologique (62 000 ha de forêt et 10 000 ha d'autre végétation).
Victimes — pas de compteur, et voici pourquoi
Aucune base ouverte ne publie les décès dus aux feux de végétation saison par saison. BDIFF recense les surfaces et les causes, pas les victimes. Afficher un compteur à zéro pendant qu'une saison est en cours serait faux, et le remplir à la main ne serait pas une donnée.
Ce qui est publié est historique : 144 morts en zone méditerranéenne entre 1973 et 2021, dont environ 70 % de sapeurs-pompiers. Le feu le plus meurtrier reste celui de Cestas, en Gironde, en 1949 : 82 morts.
Sources : base Prométhée et ONF-DFCI, via les chiffres clés des risques naturels du service statistique du ministère de la transition écologique.
La méthode qu'on n'utilise plus pour les hectares
Ce site a d'abord estimé les surfaces brûlées à partir de la puissance radiative, faute de mieux. La fourchette allait du simple au double. Depuis l'intégration des périmètres EFFIS, cette chaîne ne sert plus qu'à comprendre comment on passe d'un signal satellite à des tonnes, et à recouper les ordres de grandeur.
-
1
Énergie libérée
somme des puissances radiatives mesurées × 6 h d'observation
Un satellite ne voit le feu que quelques secondes, deux fois par jour. C'est l'hypothèse la plus fragile de la chaîne.
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2
Biomasse consommée
0.368 kg par mégajoule
Relation établie par Wooster et al. (2005), utilisée par le service européen Copernicus.
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3
CO₂
1.6 kg de CO₂ par kg de matière sèche brûlée
Facteur d'émission forêt tempérée (Andreae, 2019).
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4
Particules fines PM2,5
15.5 g par kg de matière sèche brûlée
Même source. Ce sont les particules qui pénètrent le plus profondément dans les poumons.
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5
Surface brûlée
biomasse ÷ charge de combustible, de 20 à 35 t/ha
Fourchette calée sur 2022, année dont la surface brûlée est connue (environ 72 000 hectares). La mesure officielle viendra de BDIFF, publiée avec un an de retard.
Le point de contrôle
Une méthode qu'on ne confronte à rien ne vaut rien. Celle-ci est calée sur 2022, année dont la surface brûlée en France est connue par ailleurs : environ 72 000 hectares.
Appliquée à 2022, la méthode donne 87 018 à 152 281 hectares. La valeur connue, 72 000, tombe en dehors : la méthode est à revoir, et ce constat reste affiché.
C'est ce qui fixe la charge de combustible retenue. Sans ce point de contrôle, la fourchette de surface serait deux fois plus large.
Année par année, mesuré
Surfaces cartographiées par EFFIS depuis 2006.
| Année | Hectares brûlés | Feux cartographiés |
|---|---|---|
| 2026 (en cours) | 71 792 | 312 |
| 2025 | 36 951 | 257 |
| 2024 | 12 268 | 156 |
| 2023 | 22 350 | 219 |
| 2022 | 66 337 | 290 |
| 2021 | 30 652 | 214 |
| 2020 | 14 547 | 133 |
| 2019 | 43 602 | 304 |
| 2018 | 2 581 | 21 |
| 2017 | 20 626 | 91 |
| 2016 | 10 767 | 27 |
| 2015 | 2 046 | 15 |
| 2014 | 4 667 | 26 |
| 2013 | 891 | 9 |
| 2012 | 3 298 | 19 |
| 2011 | 4 831 | 23 |
| 2010 | 4 653 | 9 |
| 2009 | 7 974 | 16 |
| 2008 | 1 694 | 8 |
| 2007 | 2 631 | 12 |
| 2006 | 1 751 | 12 |
Les sources, les licences et l'état de fraîcheur des données sont sur la page Données et licences, et ce que mesure chaque capteur est expliqué dans la méthodologie.